RECONNAITRE L’ATOPIE

Qu’est-ce que l’atopie ?

L’atopie est une anomalie de la barrière cutanée qui se caractérise par le déclenchement d’une réaction immunitaire inadaptée. Cela est dû à une prédisposition personnelle et/ou familiale d’origine génétique. Les allergènes de l'environnement (pollens, poussières, poils d’animaux savons…), normalement bien tolérés, vont alors pouvoir « pénétrer » plus profondément et stimuler le système de défense immunitaire. Ce système très réactif va réagir de façon excessive à ce qu'il considère comme une agression et entraîner les signes cliniques de l'atopie : démangeaisons, inflammation et suintement.

Les différentes étapes de l’apparition du poussée

Phase I :: Pénétration des allergènes due au disfonctionnement de la barrière cutanée

Phase II : : Déclenchement d’une réaction inflammatoire inadaptée.

Phase III :: Apparition des lésions : rougeurs, rugosité, suintements, croûtes.

Peut-on éviter cela ?

Non malheureusement... Cela est dû à la présence d’une protéine appelé Filaggrine qui ne joue pas bien son rôle. Cette protéine est censée maintenir les fibres de kératine (qui se trouvent à la surface de la peau) serrées. Ce qui permet de former une barrière de protection à la surface de la peau, et d’empêcher les substances extérieures (comme les allergènes) de rentrer. Ici cette barrière comporte « des trous » et laisse donc les mauvaises substances pénétrer.

Il s’agit d’une maladie fréquente. Même s'il n'existe pas de chiffres très précis du nombre de patients souffrant en France d’atopie, on estime que 10 à 15% des nourrissons sont touchés. Dans certaines régions d'Europe, c'est jusqu'à 30% des nourrissons (entre un mois et deux ans) qui sont atteints par cette maladie. Ces chiffres sont en constante augmentation. Des différences existent entre les différents pays suivant le niveau socio-économique : la fréquence de la maladie augmentant avec l'amélioration du niveau de vie.

Chez le tout petit enfant, l'association de signes digestifs tels que diarrhée ou régurgitations a une dermatite atopique doit faire évoquer la possibilité d'une allergie alimentaire. Dans ce cas, le médecin peut solliciter l'avis d'un pédiatre pour mettre une exploration et une prise en charge spécifique.

L’atopie ce manifeste-t-elle seulement sur le visage ?

La localisation des lésions est très particulière et dépend de l'âge. Chez le nourrisson, l'atteinte concerne essentiellement le visage. Ce sont les parties bombées du visage qui sont touchées, le front, les joues, le menton, en épargnant le centre de la face et le nez en particulier. La face externe des bras et les cuisses est fréquemment touchée. Parfois, certains nourrissons ont une atteinte plus diffuse qui concerne la quasi-totalité de la surface corporelle.

Comment reconnaitre l’atopie ?

Il existe trois types de lésions de l’atopie qui vont coexister du fait de l’évolution de la maladie alternant poussées et rémissions :

  • Les poussées commencent le plus souvent par une simple rougeur de la peau qui démange. La démangeaison est parfois difficile à reconnaître chez le tout petit enfant, mais elle est souvent à l'origine de troubles du sommeil. L'apparition de petites surélévations nombreuses et palpables, responsables d'une rugosité de la peau
  • Une phase suintante peut faire suite à cette rougeur. Les surélévations se transforment en vésicules, toutes petites bulles de liquide qui se voient à peine, puis se rompent et libèrent un liquide translucide à la surface de la peau : c'est le suintement.
  • Une phase croûteuse survient ensuite au cours de laquelle des croûtes se forment sur les vésicules qui se sont rompues lors de la phase suintante.

L’atopie dépend elle des saisons ?

Effectivement… Des poussées saisonnières se produisent avec le plus souvent une aggravation en automne et hiver ; et une amélioration durant la période estivale.

Au visage, des lésions hypopigmentées, parfois rosées, finement squameuses sont fréquemment observées en particulier l’été. Elles peuvent être plus diffuses, siégeant là où la Dermatite atopique est la plus active. Elles régressent toujours et sont souvent attribuées à tort aux dermocorticoïdes.


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